Faut-il vraiment savoir ce que l’on veut faire à 17 ans ?
« J’ai l’impression que tout le monde fait semblant d’être sûr de lui alors que personne ne l’est. »
Ce message d’une spectatrice a marqué l’échange entre Frédéric Ernotte et Amandine Merono dans LaBoîte. À travers son livre Désorientés ?, la coach en orientation invite à porter un regard différent sur une question qui angoisse de nombreux adolescents : faut-il vraiment connaître son avenir à 17 ans ?
Une pression qui ne vient pas toujours des jeunes
Lorsqu’on parle d’orientation, on imagine souvent des adolescents perdus face à leur avenir. Pourtant, Amandine Merono constate que les jeunes sont parfois moins inquiets que les adultes qui les entourent.
Parents, enseignants et proches veulent bien faire. Mais leurs peurs prennent parfois beaucoup de place : peur de l’échec, peur du chômage, peur de voir un enfant faire un mauvais choix.
À force de vouloir sécuriser leur avenir, nous risquons parfois de leur transmettre nos propres angoisses.
Choisir sa vie à 17 ans : une drôle d’idée
Une phrase revient souvent dans les discussions sur l’orientation : « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? »
Le problème, c’est qu’elle sous-entend qu’il existe une réponse claire, définitive et durable.
Or, le monde du travail évolue sans cesse. Les jeunes d’aujourd’hui exerceront probablement plusieurs métiers au cours de leur vie. Certains emplois n’existent même pas encore.
Dans ce contexte, demander à un adolescent de choisir une destination définitive ressemble parfois à un exercice impossible.
Remplacer la destination par un cap
L’une des idées fortes développées par Amandine Merono est de remplacer la notion de destination par celle de cap.
Au lieu de chercher immédiatement le métier idéal pour les trente prochaines années, pourquoi ne pas simplement identifier la prochaine étape ?
Cette approche réduit considérablement la pression. Elle permet d’avancer sans avoir besoin de tout maîtriser ni de tout prévoir.
Comme en navigation, il est possible de progresser sans connaître précisément le port d’arrivée.
L’incertitude n’est pas l’ennemie
Nous avons tendance à considérer l’incertitude comme un problème à résoudre.
Pourtant, l’invitée propose une autre lecture : l’incertitude est aussi une page blanche.
Ne pas savoir exactement où l’on sera dans dix ans signifie également que de nombreuses possibilités restent ouvertes. Des rencontres, des expériences ou des opportunités imprévues peuvent encore changer la trajectoire.
Plusieurs spectateurs ont d’ailleurs partagé leur propre expérience.
L’un a découvert son métier complètement par hasard lors d’un stage. Une autre a choisi une option simplement parce qu’une amie s’y inscrivait.
La vie avance souvent de manière moins planifiée qu’on ne l’imagine.
Le droit de se tromper
C’est probablement le message qui a suscité le plus de réactions dans le tchat :
« Tu as le droit de te tromper. »
Une mauvaise orientation n’est pas une condamnation. Une réorientation n’est pas un échec.
Au contraire, certaines erreurs permettent de mieux comprendre ce que l’on veut vraiment.
Amandine Merono rappelle que les parcours les plus épanouissants sont rarement des lignes droites. Ils sont souvent faits d’essais, de détours et de découvertes inattendues.
Apprendre à se connaître avant de choisir
Comment prendre une décision qui nous ressemble lorsque l’on ne se connaît pas encore ?
Pour l’autrice, la connaissance de soi devrait occuper une place beaucoup plus importante dans l’accompagnement des jeunes.
Identifier ses envies, ses motivations, ses qualités ou ses besoins constitue une base plus solide que la recherche obsessionnelle du « bon métier ».
Son guide propose d’ailleurs plusieurs exercices concrets pour encourager cette réflexion, notamment le « miroir positif », qui consiste à demander à son entourage quelles qualités il perçoit chez nous.
Et si le vrai problème n’était pas les jeunes ?
Au fil de la discussion, une idée s’est imposée : l’orientation n’est pas seulement une question scolaire.
C’est un sujet de société.
Peut-être que les jeunes ne sont pas aussi désorientés qu’on le pense. Peut-être sont-ils simplement confrontés à un système qui exige des certitudes dans un monde devenu de plus en plus imprévisible.
Et si le rôle des adultes n’était pas de leur fournir toutes les réponses, mais plutôt de leur donner le droit d’explorer, d’essayer, de changer d’avis… et parfois même de se tromper ?
3 raisons (parmi d’autres) de lire Désorientés ?
- Droit à l’erreur – Une vision rassurante de l’orientation moderne.
- Outils pratiques – Exercices concrets à utiliser immédiatement.
- Regards croisés – Aide autant les parents que les adolescents.
Lien partenaire Amazon – la commission soutient financièrement LaBoîte.

