OVNI : les mystères à l’épreuve des faits
Une route de campagne, une nuit noire et une mystérieuse sphère orangée en suspension au-dessus d’un champ. Geoffrey Claustriaux a sept ou huit ans lorsqu’il observe cette lumière qui s’éteint soudainement. C’est à cette expérience enfantine marquante qu’il pense devoir sa fascination pour le mystère. Dans l’émission LaBoîte, l’auteur et chroniqueur revient sur son ouvrage Les dossiers de l’Impossible – OVNI, publié en partenariat avec btlv. Mais au-delà de la collection de témoignages, le livre soulève une interrogation fondamentale : que révèle notre intérêt pour les objets volants non identifiés sur la nature humaine et notre besoin de donner un sens à l’inconnu ?
Un ciel, plusieurs époques
Les observations d’objets célestes insolites ne datent pas d’hier. Des boucliers ardents consignés par Julius Obséquens jusqu’aux vagues contemporaines, l’histoire humaine est jalonnée de rendez-vous avec l’inexpliqué. Le phénomène fonctionne d’ailleurs par vagues distinctes, comme le rappelle Geoffrey Claustriaux : les dirigeables mystérieux aux États-Unis à la fin du XIXᵉ siècle, l’apparition des soucoupes volantes après l’observation de Kenneth Arnold en 1947, ou encore la fameuse vague des triangles noirs en Belgique à la fin des années 1980. Les formes rapportées changent, mais les observations se poursuivent.
Voir n’est pas interpréter
L’esprit humain cherche à traduire ce qu’il ne comprend pas à travers son propre prisme culturel ou religieux. L’exemple de la « croix volante » rapportée à Migné-Auxances en 1826 illustre la place que peuvent prendre les représentations d’une communauté dans l’interprétation d’un événement céleste. Geoffrey Claustriaux résume ce décalage avec une image parlante : « Quand on parle du phénomène OVNI, on est un peu les hommes des cavernes face au feu. » Il distingue toutefois l’observation du sens qu’on lui donne : « Ce qu’on croit, je pense, n’influence pas tellement ce qu’on voit, mais plutôt l’interprétation qu’on en fait. »
Le doute comme méthode
Pour Geoffrey Claustriaux, l’étude rigoureuse exige de faire le tri entre méprises — comme les nuages lenticulaires ou les bolides météoritiques — et observations qui restent inexpliquées. Pour préserver la crédibilité des recherches, l’auteur insiste sur une exigence : « Pour moi, la croyance n’a pas sa place dans l’étude du phénomène OVNI. » Son approche consiste à examiner les explications possibles avant d’envisager l’inexplicable. Elle passe précisément par le retour aux sources primaires et aux éléments matériels : premiers témoignages, rapports, photographies ou traces au sol.
Le prix du témoignage
Observer un phénomène non identifié peut fasciner. En parler, en revanche, expose parfois aux moqueries. Au-delà des manifestations physiques parfois signalées lors des rencontres rapprochées — fatigue, problèmes auditifs ou pertes de mémoire —, les témoins se heurtent parfois à une foule septique. En évoquant le film Valensole 1965, consacré au récit de l’agriculteur Maurice Masse, Geoffrey Claustriaux souligne l’impact dramatique qu’un tel témoignage peut avoir sur une vie ordinaire.
L’auteur accorde également un poids particulier aux observations émanant de policiers ou de militaires : ces professionnels n’ont, selon lui, rien à gagner et leur crédibilité à perdre. Cette attention à la situation du témoin nourrit sa lecture des dossiers, sans faire disparaître la question des éléments permettant d’étayer son récit.
Dossiers déclassifiés, mystère intact
Les dossiers OVNI déclassifiés suscitent l’espoir d’en apprendre davantage. Geoffrey Claustriaux les trouve pourtant « plus frustrants qu’autre chose ». Certains documents sont caviardés ; des photographies et des vidéos sont rendues publiques sans que l’on sache précisément quand elles ont été prises ni par qui. Pour l’auteur, l’accès aux images ne suffit donc pas : sans leur contexte, elles restent difficiles à interpréter. La déclassification ouvre des dossiers, mais ne referme pas nécessairement les questions.
Une place pour l’inconnu
Geoffrey Claustriaux invite à ne pas réduire « trop facilement » le phénomène à « OVNI égal extraterrestre » : « C’est beaucoup plus vaste que ça en réalité. » Cette distinction laisse une place à la curiosité sans imposer une réponse. Comment accueillir un témoignage sans le rejeter d’emblée ni le transformer trop vite en certitude ?
3 raisons (parmi d’autres) de découvrir Les Dossiers de l’Impossible – OVNI
- 70 affaires – présentées dans leur contexte historique.
- Photos authentiques – pour étayer concrètement les dossiers.
- Privilégier les faits – en laissant au lecteur la possibilité de se faire sa propre opinion.
Lien partenaire Amazon – la commission soutient financièrement LaBoîte.
Pour découvrir l’univers de Geoffrey Claustriaux, rendez-vous sur son site officiel

